DOUBLE

Pour le sens propre de cet adjectif, voir: une double somme (Ge
43:12), une double quantité (Ex 16:5), une double
faute (Jer 2:13), etc. Dans 2Co 1:15, au lieu de: une
double grâce, il vaudrait mieux lire: une seconde grâce (Bbl. Cent.),
la première étant le passage de Paul à Corinthe en allant en
Macédoine et la deuxième son passage en en revenant. Dans 1Ti
5:17 on voit généralement une exhortation à «double-, ment honorer»
les anciens, pour la direction de l'Église et pour la prédication;
plusieurs traducteurs y voient l'ordre de leur assurer «double
rémunération», «doubles honoraires» (Cramp., Bbl. Cent., qui
explique: «A l'origine, l'ancien préside; dans la suite, il prêche et
on l'encourage a prêcher, en doublant son traitement»).

--L'ancienne législation hébraïque réservait dans certains cas
une portion double d'héritage au premier-né (De 21:17). C'est
sans doute de cette expression que s'inspire la prière d'Elisée,
demandant une «double portion» de l'esprit d'Élie (2Ro 2:9); par
là il ambitionnait d'être digne de succéder au grand prophète et
après lui d'être à son tour le premier; l'interprétation de
l'apocryphe Ecclésiastique, préoccupée de prodigieux, est d'un ordre
beaucoup moins spirituel: «Quand Élie eut disparu dans le tourbillon,
Elisée fut rempli de son esprit; il fit deux fois plus de
prodiges...
» (Sir 48:12).

--La proportion du double est souvent celle de la réparation d'un
tort ou d'un dommage (Ex 22:4,9,Job 42:10,Esa 61:7), d'un cadeau
de remerciements (Sir 20:10), ou bien celle d'un
châtiment (Jer 16:18 17:18,Esa 40:2,Ap 18:6).

--Le double poids et la double mesure (litt., poids et poids,
mesure et mesure) que l'Éternel a en abomination (Pr 20:10),
correspondent exactement à notre locution courante: «avoir deux poids
et deux mesures», suivant qu'on achète ou qu'on vend.--Pour le sens
figuré: coeur double, langue double (Ps 12:3,Pr 17:20, Sir
6:1 etc.), voir Hypocrisie.